François Fillon était l'invité du journal de 20h de TF1.
Par Isabelle Ficek | Les Echos du 13/10 | 16:19 | mis à jour à 16:27
«Imaginer un travail de réflexion de longue durée, animé pour moitié par la société civile et pour moitié par les politiques, à Paris, en province et à l’étranger.» C’est le chemin que veut emprunter François Fillon pour bâtir son projet présidentiel . La méthode? «Je n’ai pas de modèle mais je regarde ce qui marche ailleurs», lâche l’ex-Premier ministre. Il cite l’Allemagne pour le «sérieux de gestion, la qualité du dialogue social». Il travaillera mi-novembre avec la CDU sur un projet concret d’harmonisation entre la France et l’Allemagne. Il évoque aussi la Grande-Bretagne quand elle «montre que l’on peut baisser la dépense publique de façon spectaculaire et avoir une reprise de la croissance».
En tout cas, il ne s’interdit rien. «Il y a différentes approches pour bâtir un projet présidentiel, il y a souvent une dimension technocrate, indispensable mais un peu autocentrée. L’idée, là, est d’ouvrir à 360° pour rebâtir un projet de société en prenant l’angle des générations futures», explique François Bouvard, un ancien de McKinsey, spécialisé dans le conseil aux gouvernements, aux agences publiques et aux grands groupes industriels. Celui-ci s’est rapproché de François Fillon «à titre bénévole et dans une démarche citoyenne».
Pendant dix-huit à vingt-quatre mois, sept thématiques vont être déclinées dans une trentaine d’ateliers, tous coprésidés par un politique et une personnalité issue de la société civile. Ils ne se dérouleront pas tous en même temps, mais ont chacun vocation à travailler environ sept mois. Avec une phase de «diagnostic sans complaisance», de benchmarking en Europe et dans le monde «sans faire de copié-collé, qui ne marche jamais, il faut adapter», précise François Bouvard, et d’appel à contribution d’experts et de citoyens. Puis une phase plus ouverte de mise en débat lors de réunions à Paris, en région et à l’étranger pour dégager des pistes d’action avant un rendu public plus large via des conférences de presse tous les trois ou quatre mois. Trois ateliers débutent courant octobre: «la compétitivité des entreprises par l’export» (avec des travaux à Londres), «l’écologie au service de l’économie et de la société» et «les problèmes d’insécurité au quotidien sur le terrain, les réponses locales et le rôle des maires».
Sept axes de réflexion
EXCLUSIF les Echos - L’ex-Premier ministre lance une série d’ateliers pour élaborer son programme. Il détaille sa méthode et les grandes lignes de son projet pour 2017.
Affranchi de Nicolas Sarkozy , François Fillon veut désormais avancer sur le fond. Ou plutôt « décoiffer », comme il dit. « A un moment, il faut que la rupture soit consommée », justifie-t-il, après plusieurs jours de tension avec l’ancien président. Le début de son envol remonte à 2008. « Deux visions de l’avenir ont commencé à se dessiner au sein du gouvernement, se souvient-il. Certains ont vu dans la crise financière une violente secousse conjoncturelle, que nous avons pu surmonter grâce à l’engagement du président. Sans cet engagement, nous n’en serions pas sortis, j’en suis convaincu. J’ai toujours eu une conviction : ce n’était pas une crise conjoncturelle. » Selon lui, « la France est entrée dans une période durable de déclin, avec des alternances de croissance faible et de récession ». Le premier combat est là. « Il faut dire la vérité aux Français. Nous ne pouvons pas nous contenter de dire que remplacer la gauche par la droite suffira, automatiquement. Il faut aller plus loin. Aucune victoire électorale n’est possible sans domination intellectuelle. »
Pour ce faire, François Fillon lance une série d’ateliers qui travailleront pendant deux ans à l’élaboration de son projet. Faut-il « assumer la mondialisation ou céder au repli sur soi », faut-il « choisir la productivité ou la protection des acquis », « comment réduire les déficits » ? L’ancien Premier ministre veut « trancher les nœuds qui empêchent le pays d’avancer » et a déjà plusieurs réponses en tête. « Arrêtons d’empêcher les restructurations d’entreprise, cela conduit souvent au pire. La renaissance de l’automobile américaine doit nous interpeller. » De même, « nous devons nous réconcilier avec le capital et l’investissement », réformer la formation professionnelle ainsi que les professions réglementées, accélérer l’autonomie des universités, aller plus loin que la suppression d’un poste de fonctionnaire sur deux partant en retraite, obliger les collectivités locales à faire de même, fusionner départements et régions, porter la retraite à soixante-cinq ans, estime-t-il. « D’aucuns contestent qu’il faille sortir des trente-cinq heures ou retarder l’âge de la retraite. C’est un vrai débat », reconnaît-il, avant de lâcher : « On ne va pas s’en sortir avec du bricolage, des petites mesures homéopathiques. » La réforme ou le chaos. « Nous sommes en train de basculer dans un autre monde qui va ressembler à un appauvrissement de la société française. »
Tout en récusant l’étiquette libérale, François Fillon pense que « le pays est allé trop loin dans l’encadrement, la protection, les réglementations folles pour répondre à la peur de la mondialisation. Tout est fait pour empêcher la croissance ! Il faut rouvrir des espaces de liberté ».
Les Français sont connus pour être rétifs à la réforme ? C’est faux, rétorque-t-il, « la société n’est pas bloquée ». « Exaspérés par l’utilisation dévoyée de la protection sociale », les Français sont prêts à accepter des efforts. Mais il faut pour cela « une clef d’acceptabilité, celle de la justice sociale ».
Son projet sera donc « équilibré pour ceux qui sont le plus en difficulté », promet-il. Le dialogue social sera respecté (« j’y suis très attaché »). Des protections seront recherchées, afin de « mieux intéresser les salariés aux résultats de l’entreprise » et de trouver « des filets de sécurité pour ceux qui le méritent ». Mais tout le monde devra participer à l’effort national. « On a mis dans la tête des gens des droits, comme la durée de l’indemnisation du chômage, par exemple, devenue une donnée intouchable. Pourquoi ? Il faut pouvoir parler de tout », estime-t-il. La lutte « contre l’assistanat » et le combat « contre le tout gratuit » font leur entrée dans son répertoire. La réforme fiscale qu’il appelle de ses vœux devra « amener la quasi-totalité des Français à payer un impôt, même symbolique ». L’ISF sera supprimé (« c’est un impôt stupide qui rapporte peu et freine l’investissement »), mais sera remplacé par une nouvelle tranche de l’impôt sur le revenu. « Il ne s’agit pas de sacrifier notre modèle social, mais de pouvoir se le payer », explique-t-il, comme le font les Allemands.
Alléger l’Etat, lever les freins, faire participer tout le pays. Pour « remettre le moteur en marche », François Fillon voit encore deux autres directions indispensables. L’investissement « massif » dans la baisse du coût du travail (via la TVA sociale), mais aussi dans l’innovation. Les investissements d’avenir tels qu’ils ont été lancés sous le mandat de Nicolas Sarkozy doivent être poursuivis et amplifiés.
Sur l’Europe, l’ancien Premier ministre se veut ambitieux. Lui qui avait parlé l’an dernier d’une « confédération économique franco-allemande » estime que la question de l’euro n’est pas tranchée et reste fragile. « Il y aura de nouvelles crises sur la monnaie européenne. Nous avons besoin d’une zone euro très intégrée », avec « une harmonisation de l’impôt sur les sociétés en cinq ans, du coût du travail sur dix ans. Il faudra trouver les bons curseurs, mais c’est une question inséparable du reste ».Comme celle d’une refonte des politiques migratoires et de l’exigence de réciprocité économique vis-à-vis des partenaires commerciaux de l’Union.
Pour tout cela, l’ancien Premier ministre a une conviction. Il faut « afficher la couleur »dès maintenant puis aller vite dans les premiers mois après la présidentielle, sans hésiter à recourir aux ordonnances. « Décoiffer », c’est le pari électoralement risqué de François Fillon.
Mes chers amis,
C’est avec un grand plaisir que je retrouve les Alpes-Maritimes et vous tous qui êtes prêts à repartir sur le chemin de la reconquête.
En 2012, notre parti a traversé une crise profonde et je me suis battu pour sa démocratie et son unité. Maintenant, le passé doit être dépassé et toute notre énergie doit être tendue vers nos prochaines batailles.
Nous avons des bastions politiques sur lesquels nous pouvons nous appuyer parce que vous êtes là et parce que nos élus sont solides.
J’étais ce matin à Menton avec Jean-Claude Guibal, puis à Antibes avec Jean Leonetti… Ce sont des hommes de grande valeur qui font honneur à notre mouvement.
Et puis me voilà ce soir, à Nice, avec les militants et les responsables de votre fédération à qui j’adresse un salut fraternel.
Christian, plus je viens ici plus je mesure le travail exceptionnel que tu as accompli pour donner à cette ville une belle et grande ambition.
Nice est dans de bonnes mains, et le conseil général l’est aussi avec Eric Ciotti, dont je sais l’efficacité, l’intelligence et la combativité.
Dans la salle, je vois beaucoup de visages amis que je ne puis tous citer, mais qu’ils sachent combien j’ai confiance en eux.
Etre à l’UMP, c’est réagir devant tout ce qui abîme la France, tout ce qui l’affaiblit, tout ce qui la détourne de la grandeur.
Pour certains, la «grandeur» est une illusion… Non, c’est un défi !
C’est le défi des peuples qui savent se dépasser pour ne pas piétiner dans la médiocrité, c’est le défi des peuples qui savent que le bonheur est une conquête et pas un cadeau de la providence ; c’est le défi permanent de la France qui doit viser haut pour progresser et se faire respecter dans le monde.
1% de la population mondiale : voilà ce que nous représentons !
Alors de deux choses l’une : soit on se bat, on se rassemble, on se réforme pour être plus grand que les statistiques; soit on courbe l’échine.
Depuis plusieurs mois, je multiplie les déplacements sur le terrain et partout je sens monter l’exaspération.
Notre pays se perd dans le scepticisme et la colère, et notre devoir est de lui démontrer que nous sommes là, en train de renaître, de nous renouveler, de nous interroger aussi car rien n’est pire que l’arrogance de ceux qui prétendent tout savoir et avoir tout réussi.
Pourquoi l’exaspération atteint-elle un seuil critique ?
Parce que la réalité de notre déclin national a été trop longtemps sous-estimée.
Je ne jette la pierre à personne car nous sommes tous un peu coupables d’avoir cru que l’on pouvait continuer comme avant, avec des ajustements à la marge.
Mais c’est un fait, depuis trente ans, notre pays préfère les paroles qui plaisent aux décisions qui sauvent.
Aujourd’hui, chacun souffre de ne pas avoir été accoutumé à la vérité.
Vérité sur les forces de la mondialisation qui nous obligent à passer à la vitesse supérieure en matière de productivité et de compétitivité.
Vérité sur le risque de faillite qui nous guette avec une dette qui atteindra 95 % du PIB en 2014.
Vérité sur la perspective d'une sortie de la France du classement des dix premières puissances à l'horizon des années 2020 si nous continuons sur le même rythme.
Lorsque je parle ainsi, on me dit «attention François, tu inquiètes les électeurs».
Non, je crois que je les inquiète beaucoup moins que ceux qui vous parlent comme à des personnes malades auxquelles on cache le diagnostic, et qui sentent bien qu’on les trompe.
Pour moi, l’UMP doit être le parti de la vérité car son but n’est pas de séduire la France avec des mensonges mais de la conduire face aux difficultés.
L’exaspération, elle vient aussi de ce décalage entre les discours et la réalité, entre ce qu’il est facile de promettre et ce qu’il est nécessaire de faire.
C’est valable pour nous tous, mais ça l’est surtout pour la gauche qui est habituée à vendre des roses, et, une fois élue, à nous faire avaler ses épines.
Entre ce que François Hollande a dit et promis durant la campagne présidentielle et ce qu’il fait ou ne fait pas à l’Elysée, ce n’est plus un fossé, c’est un abîme.
Pour gagner tout fut possible - y compris nier la crise !
Comment voulez-vous ensuite convaincre les Français que la dureté des temps exige des sacrifices ? Comment voulez-vous réformer vraiment lorsque vous avez été élu pour faire des réformettes ?
Et puis, comment être crédible lorsque vous avez dit tout et son contraire ?
Dans l’opposition, François Hollande assurait qu’en supprimant les heures supplémentaires défiscalisées on libérerait des emplois nouveaux.
9 millions de Français ont vu leur pouvoir d’achat baisser à cause de cette suppression, sans qu’aucun emploi n’ait été créé !
Une fois encore, la thèse du partage du travail a révélé son inefficacité totale.
La gauche n’a toujours pas compris qu’en rationnant le travail on rationne l’activité, en rationnant l’activité on rationne la croissance, en rationnant la croissance on condamne les chômeurs à le demeurer.
Il faut sortir des 35 heures en décentralisant le dialogue sur l’organisation du travail au niveau des entreprises.
Il faut assouplir le marché de l’emploi.
Il faut baisser franchement et simplement le coût du travail.
Il faut mettre le paquet sur l’apprentissage des jeunes plutôt que de multiplier les emplois aidés qui ne sont que des pansements sur une jambe de bois.
Il faut valoriser les entrepreneurs et les investisseurs plutôt que de les taxer et les injurier. Bref, il ne faut pas faire du socialisme !
Dans l’opposition, François Hollande assurait qu’il réduirait nos déficits, et pour moi, c’est un sujet majeur car nos enfants n’ont pas à payer les factures de leurs parents.
Depuis, il a été réduit à quémander auprès de nos partenaires européens deux années de plus pour les réduire !
Et pour les réduire, il ne réforme pas l’Etat, il ne coupe dans les dépenses structurelles, il ne réduit pas les effectifs, il grignote, il augmente les impôts.
Et malgré le choc fiscal sans précédent que la gauche nous impose, nous resterons l’un des pays européen avec les déficits les plus élevés.
Cette overdose fiscale frappe toutes les catégories de la population, avec une cible privilégiée que sont les classes moyennes.
Impôt sur le revenu, TVA, charges sociales, impôts locaux, c’est un orage de taxes qui s’est abattu sur le pays au risque de le noyer.
Même la gauche a fini par s’en rendre compte, contraignant le président de la République à promettre une pause fiscale avant d’être sévèrement contredit par le projet de budget pour 2014 qui accroît encore la charge fiscale.
Dans l’opposition, François Hollande défendait la retraite à soixante ans, dénonçait la pénibilité et les injustices, refusait d’augmenter la durée de cotisation et laissait entendre que les reformes des retraites menées par la droite n’avaient pas d’autres objectifs que de favoriser les entreprises et les actionnaires au détriment des salariés.
L’augmentation de la durée de la vie, le vieillissement de la population, n’étaient – disait-il - qu’un prétexte pour mener une «politique antisociale» au service de la finance dont il avait fait son principal adversaire.
A peine élu, le voilà qui nous explique qu’il y a un problème de financement des retraites dû à la démographie et qu’il va falloir bientôt cotiser 43 ans pour une retraite à taux plein.
Pour ne pas se renier plus encore, il refuse au passage de repousser l’âge de départ à la retraite et préfère augmenter les cotisations sociales.
Résultat : on pourra partir à la retraite à 62 ans mais à condition d’avoir cotisé 43 ans !
L’augmentation des cotisations pèsera sur le pouvoir d’achat des Français qui réduiront leur consommation et sur les entreprises qui peineront à exporter des produits trop chers.
Au bout du compte, ce sera plus de chômage, plus de pauvreté et des pensions en baisse !
Comment voulez-vous que les Français ne soient pas désabusés par toutes ces volte-face ?
Comment ne seraient-ils pas indignés par cet écart grandissant entre ce qu’ils ressentent tous les jours et ce que le gouvernement leur dit ?
Oui, ce décalage entre les discours et la réalité exaspère nos concitoyens qui jugent sur les faits, non sur les apparences.
Et les faits sont malheureusement là.
Trop de dépenses, pas de réformes de fond, trop d’impôts : ce cocktail a mis notre pays à plat.
Cette première année de quinquennat fut une année idéologique.
Le parti socialiste a assouvi ces petites revanches, mais il a flanqué la France en récession.
L’urgence est de stopper la spirale fiscale qui est en train d’étouffer notre économie.
Plus de 50 milliards d’impôts supplémentaires depuis l’arrivée de la Gauche : le seuil d’alerte a été franchi.
Nous ne pouvons pas nous contenter de dire que nous baisserons les impôts en 2017 car il sera trop tard pour beaucoup d’entreprises et beaucoup de Français.
Nous devons concentrer tous nos efforts, toute notre force d’opposition pour exiger que pas un centime d’impôts supplémentaires ne soit demandé aux Français en 2014.
Opposition parlementaire, mobilisation des forces vives, toutes nos armes doivent être concentrées sur cette bataille fiscale qui n’est pas partisane mais simplement vitale pour l’économie française.
Notre combat immédiat est de dénoncer les erreurs de la gauche. Mais plus que cela, nous devons être des interprètes.
Les interprètes de ces familles qui voient le plafond du quotient familial abaissé.
Les interprètes de ces entrepreneurs qui voient leurs marges s’effondrer sous le poids des prélèvements.
Les interprètes de ces auto-entrepreneurs qu’on accable et dissuade.
Les interprètes de ces travailleurs qui veulent des heures supplémentaires plutôt que des RTT.
Les interprètes de tous ces jeunes qui se heurtent aux rigidités du marché de l’emploi.
Les interprètes de ces investisseurs français qui préféreraient investir dans leur pays plutôt que de s’exiler ailleurs.
Oui soyons leurs interprètes, leurs relais, mais soyons-le à chaque fois avec le souci de dégager avec eux des solutions réformatrices.
Car notre objectif n’est pas d’être simplement le réceptacle de toutes les frustrations ; notre but, c’est d’être le tremplin de tous les changements nécessaires pour relancer la France !
Mes Amis,
Puisque le gouvernement n’entend pas le pays qui s‘exaspère, alors nous profiterons des prochaines élections municipales pour lui adresser l’avertissement qu’il mérite.
Depuis la rentrée je suis sur le terrain pour épauler nos candidats
Partout, j’irai conforter l’action de nos maires qui ont un bilan solide.
Partout, j’irai dans nos villes et nos villages que nous devons conquérir.
A vos côtés, j’irai défendre une autre France, et partout j’essaierai de convaincre mes compatriotes de ne pas céder à la déprime.
Notre démocratie va mal, et dans toutes les franges de la société la colère gronde, et cette colère, ça n’est pas un problème de droite ou de gauche, c’est bien plus complexe qu’une simple droitisation de l’électorat, c’est une radicalisation des esprits et des cœurs, c’est une colère populaire que nous devons comprendre, endiguer, et surtout canaliser pour qu’elle ne détruise pas la République.
Cette colère, on ne la traitera pas avec des coups de menton, mais avec des projets.
On ne la règlera pas avec plus d’intransigeance mais avec plus de capacité à fédérer les énergies.
On ne la réglera pas en étant seul contre tous les autres.
Nous devons aller au contact des abstentionnistes qui constituent le premier parti de France.
Au contact des électeurs centristes qui ont déserté nos rangs.
Au contact de ceux qui ont voté Hollande et qui s’en mordent les doigts car le parti socialiste n’a le monopole de rien : ni celui de la justice, ni celui de la solidarité.
Au contact aussi des électeurs qui se laissent emporter par les sirènes mensongères des populistes.
Personne ne m’empêchera d’aller parler à mes compatriotes qui pensent que tout est fichu et qui sont trompés par ceux qui leur promettent qu’en bouclant les frontières, en pourchassant l’étranger et en revenant au franc on sortira la France de l’impasse.
Je n’ai pas changé et ne changerai jamais d’avis : le programme du Front National est économiquement absurde et politiquement dangereux. Aucune alliance n’est possible avec cette formation politique, mais je le dis, tous les dialogues sont nécessaires avec ses électeurs.
Mes adversaires, ce sont les partis, pas les Français !
Les partis ? C’est le PS qui nous combat, et c’est l’extrême droite qui rêve de nous abattre. C’est la démocratie, et je ne crains pas d’affronter ceux qui espèrent nous mettre à genoux !
Des adversaires, oui, mais je n’ai aucun ennemi parmi les Français. Aucun !
D’où qu’ils viennent, quelles que soient leurs sensibilités ou leurs votes, ils doivent être écoutés, respectés, rassemblés autour d’un projet pour redresser le pays.
Nous sommes en crise et, pire que cela, nous subissons, comme cela s’est déjà produit dans notre Histoire, une crise nationale de longue durée ; c’est-à-dire que sans un effort puissant, un effort qui ne peut être que collectif, nous sommes condamnés à dériver.
Il faut bien comprendre le sens de mon ultime combat.
Je crois profondément que la France décroche, et cette chute de mon pays me blesse et me hante.
Pour nous en sortir, il faut un projet radical pour relancer notre économie, nous libérer des déficits, refondre notre modèle républicain et social qui craque de toute part.
Ce projet ne peut réussir que s’il est porté par une large majorité de Français qui accepte de s’engager dans la voie du redressement national.
En 1940, le général de Gaulle ne demandait ni le CV, ni la couleur politique des volontaires qui s’engageaient pour la France.
Eh bien, aujourd’hui, le redressement commande de dépasser les clivages partisans, il commande d’en appeler au bon sens de chaque citoyen, et, pour ce faire, je m’élève contre ce sectarisme qui conduit à fractionner la France entre bons et méchants, à dresser systématiquement nos compatriotes les uns contre les autres.
Aux élections municipales, plus que dans toute autre élection, j’affirme que les électeurs sont bien placés pour juger, évaluer, choisir le plus compétent des candidats, et repousser par eux-mêmes et en conscience ceux qui sont sectaires, incapables d’agir pour leur ville ou leur village avec tolérance et pour le bien public.
J’ai cru comprendre que le Front National se sentait visé. On ne peut rien lui cacher !
Mais j’ai aussi entendu certains dans la majorité se sentir concernés… Eh bien oui, le combat contre le sectarisme passe aussi par le parti socialiste qui, notamment, doit s’interroger sur ses relations avec l’extrême gauche avant de donner des leçons aux autres.
Vous l’aurez compris : je prends la France comme un bloc, avec des problèmes graves qu’il faut régler ensemble et vigoureusement ; et je prends les citoyens pour des êtres libres, responsables, des êtres de raison qu’il faut éclairer et non injurier, convaincre et non intimider, entraîner et non abandonner.
Nous y arriverons en proposant un projet solide et percutant.
J’y travaille avec mes équipes, avec mon association Force Républicaine, en débattant avec les Français que je rencontre sur le terrain, hors micro et hors caméra.
L’heure n’est pas encore au programme, mais je sais deux choses : il faut que nous retrouvions le gout du progrès. Et il faut remettre la République à l’endroit.
Il y a un ressort qui a poussé notre patrie durant des siècles et qui s’est brisé, une sorte de force en nous qui s’est perdue : je veux parler de la foi dans le Progrès.
On nous a appris à avoir peur de tout : du nucléaire, des OGM, du gaz de schiste, des mutations économiques, des innovations technologiques, de la neige en hiver, de la liberté et de la création.
Au premier souci, on est conduit vers une cellule psychologique. Au premier accident, on fait une loi et un règlement.
Ca n’est pas avec cette peur au ventre que nous relancerons notre pays.
Je veux réconcilier notre pays avec cette idée de progrès, et lui dire que le redressement est possible.
Nous en avons les atouts.
L’atout du nombre et de la jeunesse car nous sommes le pays d’Europe dont la démographie est la plus soutenue.
L’atout de la productivité des salariés car, malgré les 35 heures, nous sommes l’une des nations dont les travailleurs sont les plus performants.
L’atout de l’éducation et de la recherche, et là encore, malgré nos lacunes, les Français excellent dans les mathématiques, la médecine, la physique.
Nous avons des leaders économiques.
Airbus qui double Boeing, EDF, GDF-Suez qui figurent parmi les premiers producteurs d’électricité au monde, Areva qui conquiert l’Inde après la Chine, AXA qui assure le monde, Orange qui est un des principaux acteurs mondiaux de la téléphonie mobile et de l’Internet, Michelin, LVMH, Kering, Total, Carrefour, Danone, Lafarge, Vinci, tous numéro 1 mondiaux dans leur domaine…
Nous avons encore entre nos mains les instruments de la souveraineté nationale.
L’agriculture et l’agro-alimentaire qui assurent notre indépendance alimentaire.
L’énergie nucléaire qui garantit notre indépendance énergétique.
Nos forces armées qui sont considérées parmi les plus performantes du monde.
Notre culture et la beauté de la France qui font d’elle le foyer de toutes les admirations.
Oui, nous avons des atouts et c’est en s’appuyant sur eux que nous devons être une place forte de l’innovation, de l’investissement, de l’entrepreneuriat.
Je me souviens, lorsque je fus nommé ministre de la poste et des télécommunications, en 1995, j’ai fait venir dans mon bureau l’un des grands patrons de ce secteur.
Quand Je lui ai parlé d’internet il m’a répondu: « Monsieur le Ministre, internet c’est une mode, dans six mois on n’en parlera plus».
Je ne l’ai pas écouté !
J’ai engagé la réforme de France Télécom et ouvert le secteur des télécommunications à la concurrence.
En l’espace de cinq ans, quasiment tous les Français disposaient d’un mobile, les prix des communications étaient divisés par deux ; en dix ans, quasiment tous les Français disposaient d’un ordinateur et maniaient l’informatique, des milliers d’emplois d’informaticiens, programmeurs, réparateurs étaient créés.
Voilà ce que certains appelaient autrefois une «mode». Par habitude, par peur, par manque d’audace et de curiosité.
Eh bien c’est cela qu’il faut combattre.
C’est ce goût de l’innovation et du risque que je veux faire naître dans le cœur des Français.
Mais pour faire surgir ce nouvel état d’esprit, et il y a une condition à remplir : restaurer l’esprit de responsabilité.
Nous sommes l’un des pays au monde qui compte le plus de réglementations.
Chez nous, tout est encadré, calibré, surveillé : de la recherche scientifique qui ne doit en aucun cas franchir la frontière du principe de précaution à l’extension de votre terrasse, des conditions d’embauche d’un jeune stagiaire à la gestion du personnel d’une PME.
Comment voulez-vous que le Progrès surgisse au milieu de tant de défiance ?
La France a besoin d’oxygène et les Français doivent être placés en situation de bâtir leur destin personnel.
Et là, nous retrouvons la République.
Je veux vous parler d’elle, et de ma conviction que c’est dans le cœur de chaque citoyen que se décidera le sort de la France.
Quand j’entends les observateurs se demander constamment qui est l’homme politique de la situation, qui sera le sauveur, quel parti changera la donne, je réponds que c’est d’abord chaque Français qui est l’homme ou la femme de la situation.
L’entrepreneur qui se bat pour son entreprise est l’homme de la situation !
Le salarié qui fait des heures supplémentaires est l’homme de la situation !
La fonctionnaire qui accompagne la réforme de son administration est la femme de la situation !
Le retraité qui donne de son temps pour aider les enfants déscolarisés est l’homme de la situation !
La mère de famille qui manifeste dans son quartier pour dénoncer les trafics de drogue est la femme de la situation !
Celui qui, par respect, se lève lorsque la Marseillaise est jouée, celui qui, par courage, ne baisse pas les yeux lorsqu’une personne est agressée dans la rue, est l’homme de la situation !
Le relèvement du pays, mes amis, ne viendra pas seulement du sommet mais de nous tous.
Telle est la République avec sa devise : la liberté, l’égalité et la fraternité.
La liberté d’abord, qui n’existe que parce qu’on lui assigne des bornes.
Il n’est de liberté pour quiconque sans préservation de l’ordre public, sans responsabilité, sans autorité. Sinon, l’anarchie s’installe et la loi du plus fort prévaut.
On n’est pas libre lorsqu’on doit baisser les yeux dans sa propre rue; on n’est pas libre lorsqu’une poignée d’individus s’approprient votre cage d’escalier.
La République a déserté certains quartiers. Elle doit les reconquérir, pied à pied.
La réponse de la Justice doit être à la hauteur des agressions que la Société subit.
Comment accepter qu’une attaque de train digne du Far West se solde par de la prison avec sursis ?
Pourquoi faut-il attendre deux ans pour expulser les occupants d’un logement social transformé en entrepôt de drogue ?
Pourquoi à Marseille des trafiquants connus de tous échappent-ils si longtemps aux foudres de la justice ?
Ce ne sont pas des anecdotes. Ce sont les symptômes d’un mal profond.
Le sentiment d’impunité continuera de prospérer si le premier réflexe est de trouver des excuses aux délinquants; et si le second réflexe consiste à imaginer des sanctions qui écartent chez eux l’idée même d’aller purger leur faute en prison.
Tout le problème de Madame Taubira, c’est qu’elle ne prend pas le problème de la violence du bon côté.
Elle le prend du côté des délinquants plutôt que du côté des victimes.
Elle accuse les prisons, qui sont effectivement saturées, d’être responsables de la violence, alors que c’est la violence qui justifie la construction de nouvelles prisons !
Elle imagine lutter contre la récidive avec des peines de probation – c’est-à-dire hors enferment carcéral - alors que la dissuasion passe par la fermeté.
Rétablir l’autorité de l’Etat est une priorité.
Mais cet effort sera vain si l’autorité n’est pas restaurée au sein même des foyers.
L’autorité parentale s’est diluée dans l’ère de l’enfant-roi.
On nous parle aujourd’hui d’un droit à l’enfant. Mais avoir un enfant, c’est d’abord honorer des devoirs ! Celui de l’éduquer. Celui de lui transmettre des valeurs. Celui de le récompenser ou, au contraire, de le recadrer lorsqu’il le faut.
Le gouvernement a eu tort d’abroger la loi d’Eric Ciotti sur la responsabilité des parents qui ne réagissent pas devant l’absentéisme scolaire de leurs enfants.
La démission parentale est une menace pour la cohésion sociale.
Vous pourrez réformer l’Education nationale autant que vous le voulez. Vous pourrez rajouter toujours plus de policiers. C’est d’abord au sein de la famille que tout se joue !
Il y aussi une liberté qui exige un sursaut.
Je veux parler de la liberté de croire ou de ne pas croire, garantie par le principe non négociable de la laïcité.
Les évènements qui ont eu lieu à Trappes en juillet dernier ne doivent pas être banalisés.
Une mini émeute s’est déclenchée pour des motifs liés à la religion, en l’occurrence liés à une interprétation rigoriste et provocante de l’Islam.
Il y a une sorte de choc des cultures qui gronde et qui est un danger pour la laïcité, pour l’unité française, pour nos concitoyens musulmans eux-mêmes qui sont victimes de ces provocations.
Cette situation nous interpelle tous : nous, peuple Français, qui avons trop souvent perdu le sens de la République et du patriotisme sans lequel on ne peut fédérer les différences d’origines et de religions.
Elle interpelle aussi directement la religion musulmane qui, par la force des choses, ne fut pas partie prenante du pacte noué en 1905 entre l’Eglise et l’Etat.
Ce sont des questions qu’il faut aborder de front, comme nous avons l’avons fait en interdisant les signes religieux à l’Ecole et comme je l’ai fait en interdisant le port de la burqua qui est une prison pour les femmes.
La République du Progrès à laquelle j’aspire, c’est aussi celle d’une égalité bien comprise.
Bien sûr, il est des discriminations qu’il faut combattre sans relâche car elles abaissent la dignité qui entoure chaque être humain.
Mais l’égalité implique aussi de distinguer les situations lorsqu’elles sont justifiées, et nécessaires.
Le mariage pour tous a créé la confusion et je n’hésite pas à redire que si tous les citoyens sont égaux, les situations entre couples n’en sont pas pour autant totalement égales.
Le droit de vote procède de la même logique.
J’en parle, car depuis 25 ans, la gauche a coutume de relancer son projet de vote aux étrangers avant chaque élection. Comme par hasard…
Alors je prends les devants.
Ce droit de vote est indissociable de la citoyenneté française et européenne.
Voter, ce n’est pas seulement participer à la vie collective ; c’est communier avec la Nation. Etendre ce droit à tous les étrangers est un non-sens. C’est une négation de l’identité française, du peuple français.
Oui, il existe une différence entre les Français et les étrangers !
C’est bien pour cela que des milliers d’étrangers demandent la nationalité française chaque année. C’est parce qu’ils souhaitent adhérer à notre communauté nationale, avec son histoire et avec ses valeurs.
Soyons fiers d’être Français et arrêtons cette auto-flagellation qui détruit notre destin collectif !
L’égalité, c’est aussi le combat contre les inégalités non justifiées.
C’est le combat contre les injustices. Ça n’est pas le refus des différences !
Oui, il est normal que celui qui travaille plus que l’autre gagne plus.
Il faut en finir avec cet état d’esprit qui nous prive du Progrès, ce mépris de la réussite, cette jalousie exacerbée et ce nivellement par le bas.
La République, c’est celle dans laquelle chacun peut être fier d’avoir réussi et le dire.
C’est aussi celle où la solidarité nationale se mérite car en chaque être humain il existe une part de lumière qui doit être encouragée et non étouffée dans les filets de l’assistanat.
Engage-toi, la République s’engagera pour toi ! Voilà ce que devrait être notre nouveau contrat social !
Quant à la fraternité, elle est le ferment de l’unité de la République.
Qu’est-ce que la fraternité ?
Pour moi, c’est ce sentiment de vivre en confiance auprès d’hommes ou de femmes dont je sens dans le regard que nous sommes ensemble, malgré nos différences.
Qu’importe à mes yeux les origines sociales, la couleur de peau, la religion, pourvu que le cœur soit généreux, vaillant, soucieux des autres, respectueux de la France, de ses lois, de ses mœurs.
Qu’est-ce que la fraternité, si ce n’est cette capacité à refuser tout ce qui isole, ghettoïse, enferme les individus.
La nation française n’est pas un clan, une race, une tribu. C’est une nation citoyenne qui a su organiser sa pluralité en s’appuyant sur des principes forts.
Contre les féodaux, l’État.
Contre les privilèges, la loi.
Contre le communautarisme, l’école.
Contre l’intolérance, la laïcité.
Contre le repli identitaire, la citoyenneté.
C’est sur la base de ces principes que la France a intégré depuis des siècles des générations d’étrangers qui lui ont apporté leur énergie, leur force de travail mais aussi ce vent du large qui enrichit celui qui l’accueille.
Aujourd’hui, la République est sous tension et le brassage ne s’opère plus
La fraternité passe par une nouvelle donne migratoire.
Nous devons exiger des étrangers qui vivent sur notre sol qu’ils s’insèrent socialement et culturellement. Et pour que cette assimilation soit possible, nous devons accueillir moins.
Non pas par chauvinisme ou par racisme. Je laisse cette infamie aux xénophobes et la combattrai jusqu’aux derniers jours de ma vie politique, mais parce que notre histoire récente montre que ces flux migratoires ne sont pas soutenables.
Notre politique d’intégration vire au naufrage.
Nous avons laissé s’installer, dans certains quartiers, un communautarisme mortifère pour notre cohésion nationale.
Il faut accueillir moins pour intégrer mieux.
L’immigration doit être réduite à son strict minimum en fonction de nos capacités d’accueil et de nos besoins économiques car il n’y aucune générosité à accueillir des personnes qui sans formation, sans revenu et sans logement seront des déracinés.
Le Parlement doit pouvoir décider du nombre d’étrangers que nous souhaitons accueillir, des compétences dont nous avons besoin et des régions du monde vers lesquelles nous voulons nous tourner, et cela chaque année, de façon transparente, à l’issue d’un débat où chacun devra prendre ses responsabilités.
Mes Amis,
Etre Français et vivre en France, c’est une chance.
Mais, à l’UMP nous savons et nous disons qu’être Français c'est aussi une charge car chacun tient entre ses mains une part du succès de notre pays.
Les Français n’ont pas reçu, fortuitement, la révélation d’un destin transcendant. Ce privilège, ce destin, ils l’ont constitué en surmontant ensemble toutes les épreuves que certains pensaient impossibles de franchir.
Non, rien n’est impossible. Nous sommes un grand peuple, traversé d’Histoire, de talents, de vaillance.
Ne baissez pas les bras et n’ayez pas peur.
Nous sommes au début d’une marche dont vous connaissez le but : gagner et servir notre pays.
Voilà notre mission, et voilà le défi auquel je vous invite, pour la France et pour la République.
Chaque semaine, je vais renouveler dans la discrétion ce type de déplacements sur les routes de France.
Blog de François FILLON (12 septembre 2013)
Jeudi 25 Avril 2013 a eu lieu le premier grand débat de Force républicaine Val d'Oise sur le thème de :
Les jeunes ont-ils un avenir en France ?
200 personnes étaient présentes dans la salle polyvalence d'Andilly pour ce colloque.
Sous la présidence de Jérome Chartier, député du Val d'Oise et Responsable National de Force républicaine, en présence de Daniel Fargeot, maire d'Andilly, de Florence Portelli, Responsable départementale de Force Républicaine 95, de nombreux élus et de :
animant une première table ronde sur le thème :Formation, Orientation, Etudes
Ainsi que de
animant une deuxième table ronde sur le thème : Emploi, Création d’entreprise, Exil des jeunes
Après quelques mots de bienvenue du Maire d'Andilly et de Jérome Chartier, Florence PORTELLI a introduit le débat :
"Quand on est petit garçon, on rêve de devenir pilote d’avion, pompier, astronaute, footballeur, parfois, après son premier rasage, président de la république ; quand on est petite fille on veut être vétérinaire, danseuse, princesse, actrice ; puis quand on est jeune, à l’aube de la vie d’adulte, un jeune d’aujourd’hui, on n’est plus beaucoup dans le rêve. Les plus offensifs et citoyens du monde pensent à partir étudier à l’étranger, mais également à y travailler sans volonté de retour en France ou même de se limiter à l’horizon européen ; d’autres plus défensifs se réfugient dans un projet professionnel plus sécurisant comme l’entrée dans la fonction publique.
Evidemment, il peut y avoir une part de rêve à vivre ailleurs ou à exercer des métiers dans la haute fonction publique. Mais au regard des récentes études d’opinion, ce n’est pas l’espoir qui motive ces choix, mais l’impossibilité de trouver dans notre pays un emploi stable, durable, correctement rémunéré, payé au mérite et non à l’ancienneté, ou de pouvoir innover dans un pays sclérosé économiquement par les lourdeurs fiscales, administratives, ou l’absence de flexibilité en matière de contrat de travail.
L’enjeu pour la jeunesse est pourtant, quelle que soit l’époque, de passer du stade où sa vie est sous tutelle à celui où l’on en devient l’acteur. Mais ce temps de passage est de plus en plus éloigné. Les enquêtes sociales menées notamment dans notre département montrent que les jeunes décohabitent de plus en plus tard, faute de travail et/ou de logement et que souvent même ils retournent chez leurs parents après un échec professionnel ou affectif. Le temps de la jeunesse coïncide souvent avec celui de la précarité, faute d’accès effectif dans le monde du travail (au contraire les stages non ou mal rémunérés, les cdd de quelques mois sont la phase initiale obligée et souvent interminable), avec ce que cela entraîne sur le plan financier (pas de prêt bancaire qui permettrait de s’installer et de se loger si l’on a pas des parents qui peuvent cautionner).
Le regard sur la jeunesse mais plus globalement une mentalité ambiante déprimée et amère sont aussi facteurs de découragement ; nombre de celles et ceux qui partent à l’étranger regrettent que la réussite soit mal perçue dans notre pays, que le gravissement des échelons soit observé avec envie et suspicion et que la solidarité entre les générations soit davantage un slogan qu’une réalité.
Beaucoup d’entre eux déplorent une certaine condescendance ; quel jeune stagiaire a pu échapper à une formation passionnante : lancement de photocopies ou service de cafés ? Même dans le milieu politique, puisque certains d’entre eux présents dans la salle ont un engagement de ce type, les jeunes militants ne sont souvent sollicités par leurs aînés que pour coller les affiches et distribuer les tracts.
Les jeunes subissent aussi une certaine forme d’égoïsme : leurs parents ont pu rêver d’une autre société, ont connu une époque extrêmement créative, innovante notamment dans les années 70, mais tout en adaptant la société d’après 68 à leurs aspirations, ils n’ont pas été jusqu’à évaluer la qualité de leur héritage aux générations futures.
L’égoïsme se manifeste aussi par la difficulté dans notre pays à réformer pour améliorer l’avenir de nos enfants et petits-enfants ; résorber la dette ? Les efforts pourquoi pas mais chez le voisin ; sauver notre système de retraites au bord de la faillite ? De toutes façons les jeunes paieront la nôtre, la leur, voire celles de leurs descendants.
Il n’est donc pas étonnant que 27% des jeunes diplômés imaginent leur avenir professionnel hors de France, soit deux fois plus que l’année précédente ; que les jeunes Français soient parmi les plus pessimistes d’Europe ; que les 18-30 ans soient aujourd’hui ceux qui s’intéressent le moins à la politique, qui votent le moins, qui s’engagent le moins.
Alors, ayant fait ce constat, doit-on se résigner ? Evidemment non. Ce sont les jeunes de notre pays qui peuvent porter le changement du monde et le premier devoir d’un Etat, c’est de tout mettre en œuvre pour leur en donner les moyens. Une nation qui ne donne pas d’espoir à sa jeunesse prend le risque de se replier sur elle-même, et de se laisser dépasser par les Etats où tout est possible, où l’innovation est un credo et où le renouveau n’est pas anxiogène.
Beaucoup reste à imaginer, et à proposer. Le devoir des politiques est justement d’en prendre conscience avec lucidité et humilité au regard du chemin qu’il reste encore à parcourir.
L’association Force républicaine, lancée par François Fillon il y a deux mois, a pour principal objet de se mettre à l’écoute de la société française, et de réfléchir autour des problématiques qui touchent l’ensemble de nos compatriotes. Pour cela, il faut quitter les sentiers rebattus de la propagande politicienne et de la polémique à la petite semaine pour tracer les sillons d’un projet ancré dans la réalité, et dans les enjeux de notre siècle.
Ce premier débat autour de la jeunesse en est, nous l’espérons, une illustration. Les intervenants que je remercie chaleureusement pour ce temps qu’ils nous consacrent et pour la qualité de leur expertise sont apolitiques, issus de la société civile, ont accepté, de nous éclairer à l’aune de leur expérience.
Merci également à nos jeunes animateurs, Margaux Honet et Elias Chebak, au Maire d’Andilly Daniel Fargeot, à Jérôme Chartier qui m’a confié les rênes de Force républicaine sur le Val d’Oise et qui la préside à l’échelon national, à celles et à ceux qui ont organisé ce débat, et à vous toutes et tous qui avez pris la peine de venir échanger autour de cette thématique.
La route en France est parfois plus longue et le chemin plus escarpé qu’ailleurs ? Et bien, les défis sont d’autant plus motivants à relever et exaltants qu’ils sont difficiles.
Je compte sur nos intervenants pour nous le rappeler et pour que leur témoignage insuffle l’audace et l’espérance qui sont les deux hémisphères de la jeunesse."
Vous trouverez toutes les photos de la soirée dans l'album : "Colloque FR95 à Andilly du 25 avril 2013"
Ce projet est un affront fait à tous ceux, entrepreneurs, travailleurs et syndicalistes qui respectent la loi et qui ne confondent pas le dialogue et la violence. Cette prime à la brutalité n’est pas seulement une atteinte grave au fonctionnement responsable de notre démocratie sociale, c’est aussi un mauvais coup porté à la République et à ses repères.
Ce gouvernement est-il conscient de ce qu’il fait ?
D’un côté, il excuse la violence de certains syndicalistes, de l’autre, il reste sourd aux manifestants hostiles au mariage pour tous, dont l’immense majorité défile pacifiquement. D’un côté, il cède devant l’emploi de la force dans les usines, de l’autre il appelle légitimement au calme ceux qui descendent dans la rue. D’un côté, il désacralise l’autorité de l’Etat et le respect de nos lois, de l’autre il se targue d’introduire à l’Ecole un enseignement moral et civique.
Ce projet d’amnistie est, on le sait, porté par la gauche de la gauche. Pour s’assurer de sa fidélité, le gouvernement lâche sur les principes. Comment ne pas souligner le contraste entre ce qui est offert à la partie la plus extrême de la majorité et ce qui est refusé à ces milliers de Français qui depuis des mois battent le pavé en faveur du mariage traditionnel ? Cette indulgence sélective ne peut que choquer nos concitoyens.
Ce gouvernement est faible là où il devrait être ferme, et il est dur là où il devrait se montrer bienveillant. C’est la marque d’un pouvoir indécis et injuste.
Article du blog de François Fillon
Interview de François Fillon aux Echos du 22 avril
Vous avez évoquez une «crise de régime». N’est-ce pas excessif ?
Non, je ne crois pas. Il y a une crise économique majeure à laquelle le gouvernement est incapable de répondre. Il y a une crise politique qui se manifeste notamment à travers l’opposition au mariage pour tous et l’effondrement brutal de la popularité du chef de l’Etat. Et il y a enfin une crise morale à la suite de l’affaire Cahuzac.
Je suis très inquiet. Je pense que cela peut mal finir. Entre la faiblesse du président et la montée des extrêmes, le risque de voir le pays glisser vers une situation dans laquelle il serait ingouvernable n’est pas à exclure. Heureusement qu’il y a les institutions de la Ve République !
Comment sortir de cette situation?
Depuis plusieurs mois, je dis au président de la République qu’il faut qu’il prenne trois décisions qui seraient de nature à permettre un nouveau départ. Il doit faire comme François Mitterrand en 1984 : un changement total de politique économique. Ce qui suppose un changement complet de l’équipe gouvernementale, y compris du Premier ministre. Je lui ai demandé d’arrêter la réforme constitutionnelle. Enfin, ce qui paraît de plus en plus difficile, suspendre le texte sur le mariage. Je suis contre ce texte mais je comprends qu’il puisse estimer qu’il est juste. Simplement, cette affaire est en train de cristalliser des oppositions, une espèce de division nationale totalement contraire à l’esprit de rassemblement nécessaire autour d’une nouvelle politique économique.
La crise touche d’autres pays. N’est-ce pas la principale cause des difficultés de la France ?
La cause principale, c’est la perspective de déclin de l’économie française et plus globalement de l’économie européenne. Elle exacerbe les passions, elle bouche des horizons, elle pousse au repli sur soi, à la recherche de boucs émissaires : les étrangers, les chefs d’entreprise. Raison de plus pour prendre les mesures qui s’imposent.
Nous approchons du premier anniversaire de l’élection de François Hollande. Tout s’est dégradé depuis son arrivée à l’Elysée : l’objectif de réduction du déficit public n’a pas été tenu, le pouvoir d’achat baisse comme jamais, l’écart de compétitivité avec l’Allemagne est toujours aussi important, les impôts ont bondi, les marges des entreprises en France sont au plus bas en Europe. Et par-dessus cela, on est entré de façon profonde en conflit avec l’Allemagne, alors que le seul espoir de redresser la situation économique en Europe réside dans la convergence des politiques entre Berlin et Paris.
Ne faut-il pas faire pression sur l’Allemagne ?
C’est ce que François Hollande a essayé de faire depuis un an. Et c’est un échec total. Au lieu de construire une relation de confiance avec l’Allemagne qui permette d’aborder tous les sujets, y compris ceux sur lesquels on n’est pas d’accord, comme nous avions réussi à le faire sous le précédent quinquennat, le chef de l’Etat a créé une relation de défiance, a tenté de constituer une alliance des pays du sud de l’Europe dirigée contre l’Allemagne. Sans aucun résultat. C’est un désastre sur tous les plans. Faute d’une bonne entente entre Paris et Berlin, les Allemands privilégient d’abord leurs intérêts propres. Pourquoi l’Allemagne tiendrait-elle compte aujourd’hui de l’avis de la France ? Le président de la République se conduit de manière très mesquine avec Angela Merkel. Il fait de la petite politique politicienne : elle ne l’a pas soutenu, il lui rend la monnaie de sa pièce, en appuyant ses adversaires. C’est inédit dans le couple franco-allemand.
Que pensez-vous du programme de stabilité présenté mardi à l’Assemblée ?
Il n’est absolument pas crédible. D’abord parce que ses fondations sont d’une extrême fragilité. Les prévisions de croissance sont mises en doute par le FMI, le Haut Conseil des finances publiques et le consensus des économistes. Ensuite, les mesures annoncées par le gouvernement à l’appui de ce programme sont insignifiantes. La seule que l’on ait finie par retenir est la simplification pour les PME : tout cela est anecdotique ! Pour le reste, le crédit d’impôt compétitivité emploi est une version dégradée de la TVA sociale. Il est tellement complexe que la prévision budgétaire pour l’année est de l’ordre 430 millions d’euros. Cela montre la puissance du « choc » de compétitivité ! Depuis un an, les impôts que paient les entreprises ont augmenté de 20 milliards d’euros. Sans parler du sabotage idéologique conduit par Arnaud Montebourg et quelques autres vis-à-vis des entreprises et de l’attractivité du pays en termes d’investissement.
Que proposeriez-vous ?
Il faut un véritable choc qui passe par une baisse du coût du travail, de l’ordre de 5 à 6%, compensée par une hausse de la TVA, couplée à une augmentation immédiate du temps de travail, c’est-à-dire un retour aux 39 heures payées 35, sauf négociations différentes dans l’entreprise. Il faut faire du retour à 39 heures la règle, au moins pour deux ans.
La réforme de l’indemnisation du chômage est aussi absolument urgente, avec une forme de dégressivité liée à la formation professionnelle. Il faut reprendre immédiatement le 1 sur 2 dans la fonction publique ainsi qu’une forme de révision générale des politiques publiques et l’étendre aux collectivités locales. J’ajouterais un travail sur les professions réglementées, pour voir tous les éléments possibles de baisse de prix.
Faut-il moduler les allocations familiales selon les revenus ?
Je suis attaché au principe d’universalité de la politique familiale. Dire que cela ne concernera que les revenus les plus élevés est faux. Si le gouvernement veut que cela rapporte de l’argent, il touchera massivement les classes moyennes. Je n’y suis pas favorable.
Et pour les retraites ?
Repousser l’âge légal à 65 ans doit être l’objectif. Pour une réforme plus fondamentale, il faut un système à la suédoise, qui mêle la répartition et la capitalisation. Mais je n’ai jamais cru au grand soir en matière de réforme des retraites. Dans son entêtement idéologique à ne pas vouloir augmenter l’âge de départ à la retraite, la gauche prépare une baisse du niveau des pensions.
Quelles autres économies faut-il faire dans les dépenses de l’Etat ?
Le point qui me paraît être le plus urgent est la réforme de l’organisation du territoire. On ne peut pas seulement serrer les boulons en baissant les dotations aux collectivités. Il faut une réforme radicale des collectivités. Je défends la fusion des départements et des régions, des communes et des communautés de commune. De ce point de vue-là, ce qui s’est passé en Alsace m’a profondément attristé. Cela ferme une piste que je pensais prometteuse : celle d’une organisation du territoire à la carte. Il faudra passer par un référendum sur l’organisation du territoire. C’est la seule façon de régler cette question. Il faut le faire en début de quinquennat, quasiment couplé avec les élections législatives et y introduire la réduction du nombre de parlementaires et la réorganisation du Parlement, qui seraient je crois, assez populaires.
Dans les sondages, les Français disent que l’opposition ne ferait pas mieux.
C’est normal qu’ils doutent de la capacité de l’opposition. Nous avons été battus il y a un an et vous ne m’avez jamais entendu dire que nous avions presque gagné. On ne peut pas dire que la réorganisation de l’opposition se soit faite tranquillement non plus. Elle n’est d’ailleurs pas achevée. Nous avons encore du chemin à faire pour le rassemblement et le projet.
Etes-vous inquiet d’un possible rapprochement de l’UMP et du FN ?
Un rapprochement, c’est hors de question. Les efforts que j’ai évoqués ne sont pas des efforts que l’on peut imposer même par la force de l’élection. Ils ne peuvent être supportés que si une large majorité de Français se reconnaît dans la politique menée. Vouloir se rapprocher un tant soit peu des extrêmes, d’un côté ou de l’autre, c’est rendre impossible tout redressement national. Nous ne sommes pas éloignés d’un temps où un minimum d’union nationale va devenir nécessaire. Si François Hollande a vraiment le souci d’engager le redressement national, il devrait réfléchir à une politique qui soit centrale, au sens où elle doit pouvoir être soutenue par une partie de la droite et une partie de la gauche.
Comment jugez-vous la personnalité du président ?
Je suis très déçu. Je connais François Hollande depuis longtemps, je ne partage pas ses engagements politiques mais j’espérais qu’il ferait preuve de plus d’autorité et de plus de flexibilité intellectuelle, notamment dans ses relations avec l’Allemagne. S’il était l’homme de la situation, il aurait dû au bout de quelques mois prendre la mesure du caractère inadapté de ses propositions et faire un virage sur l’aile au moins sur certains sujets. La manière dont il brandit la menace d’exclusion de ministres sans jamais prendre de décision est terrible. J’aurais immédiatement démis de ses fonctions Arnaud Montebourg. Il y a un énorme doute sur son leadership.
- Publié le 12/04/2013 à 18:20
François Fillon a lancé vendredi la campagne d'adhésions à Force républicaine (FR), le mouvement autonome de l'UMP qu'il a créé en vue de la présidentielle de 2017, dans une lettre ou un mail adressé à ses soutiens.
A travers FR, née de la transformation de son ancien club "france.9", l'ancien Premier ministre explique s'être fixé "un double objectif : bâtir un projet percutant et innovant, capable de sortir notre pays de sa dépression économique, sociale et civique. Rassembler les Français car rien ne sera possible sans unité et sans volonté commune de hisser la France vers le haut".
"Votre détermination et votre civisme constituent le socle sur lequel nous pouvons créer une dynamique populaire", écrit-il dans ce courrier dont une copie a été transmise à l'AFP.
La lettre a été soit postée soit envoyée par mail à toutes les personnes lui ayant manifesté leur soutien depuis septembre dernier, quand a débuté sa campagne en vue de l'élection à la tête de l'UMP. 30.000 courriers ont ainsi été expédiés, selon son porte-parole Jérôme Chartier.
"Force Républicaine permettra d'amplifier notre action. Nous devons nous opposer fermement à la gauche, chaque fois que l'intérêt national est en jeu. Nous devons porter nos efforts sur l'élaboration d'un projet d'avenir. Nous devons aller à la rencontre de tous ceux qui désespèrent de la République et qui se détournent de la politique", poursuit M. Fillon.
"Au côté de l'UMP et pour l'UMP, j'entends ainsi accroître nos capacités à attirer d'autres citoyens qui cherchent de nouvelles raisons de s'engager", affirme-t-il également.
L'ancien chef de gouvernement espère "fédérer des milliers d'adhérents de toutes professions, de toutes sensibilités (...). Il faut que la vague du redressement national vienne des Français eux-mêmes, et je compte sur vous pour en être les ambassadeurs", dit-il.
"Notre organisation va être décentralisée : chaque département aura son antenne locale. Dès 2014, avec l'UMP, nous devrons participer à la reconquête des territoires", ajoute-t-il en allusion aux élections municipales. "Dès 2016 (année de la primaire en vue de la présidentielle l'année suivante, ndlr), nous devrons être en mesure de présenter un projet pour la France qui nous donnera le pouvoir de convaincre les Français et de vaincre la majorité actuelle", ajoute-t-il.
Il n'est pas nécessaire d'être à l'UMP pour adhérer à FR. La cotisation s'élève à 20 euros par mois.
Au sein de FR, Jérôme Chartier (député du Val-d'Oise) sera en charge de la communication et de la réflexion, Eric Ciotti (député des Alpes-Maritimes) en charge du projet et de l'organisation des délégations départementales.